Lors d’une session de teamcoaching en ligne revenaient les phrases :

  • J’ai tellement de boulot que je suis désespérée rien qu’à l’idée d’entamer la journée
  • De toute façon mon N+1 n’écoutera pas, je n’ose pas lui dire ce que je ressens vraiment
  • Je ne travaille là que depuis 3 mois, mon avis n’est pas fondé
  • C’est vrai, je connais le N+1 dont tu parles, cette personne ne sait pas communiquer
  • On a perdu le sentiment de famille dans cette organisation où on ne se connait plus
  • Avant c’était mieux, au moins on prenait le temps de se parler et se détendre ensemble
  • On doit suivre des instructions dont on ignore complètement le bien-fondé
  • Des changements nous sont imposés par ceux d’en haut, mais quel en est le sens ?
  • Pourquoi nous faut-il remplir des listes avec le nombre de minutes exactes que nous consacrons à chaque client? Quelle perte de temps! Et bonjour la confiance…
  • Notre manager ne maîtrise pas la matière difficile qu’est la nôtre, comment peut-on dès lors avoir confiance en sa vision?
  • Je culpabilise à fond quand je ne peux pas offrir le même service à nos membres
  • Je n’arrive pas à arrêter de travailler, il me semble que je n’ai jamais fini, même le weekend

En écoutant ces personnes, soucieuses de bien faire et aimant vraiment leur travail au service de la communauté, j’ai repensé au principe de l’impuissance acquise et à l’expérience du psychologue Martin Seligman, qui a fait des expériences avec des chiens et a extrapolé sur le comportement humain.

Voici la procédure suivie lors de l’expérience en trois temps :

1. Trois groupes de chiens sont attachés à un harnais.

Groupe 1 : les chiens sont attachés à leur harnais pendant un court instant puis sont relâchés.
Groupe 2 : est attaché et reçoit intentionnellement un choc électrique, que les chiens peuvent arrêter en actionnant un levier.
Groupe 3 : chaque chien est attaché et comme les chiens du groupe 2, ils subissent le même choc électrique, mais n’ont eux pas les moyens d’arrêter le choc.
Les chiens du 3e groupe ne peuvent donc pas actionner de levier.

Résultat de la première partie de cette expérience : les chiens des groupes 1 et 2 se sont rétablis rapidement de ces circonstances hors normes.
En revanche, dans ce contexte les chiens du groupe 3, ont appris « l’impuissance » et démontraient eux des symptômes similaires à la dépression chronique de l’humain.

2. Dans la deuxième partie de l’expérience, les mêmes groupes de chiens ont été mis dans un nouveau contexte où pour échapper au choc électrique, il était possible de sauter par-dessus une petite clôture.

Résultat : les chiens du groupe 1 et 2 ont tous pu rebondir et SAUTER par dessus l’obstacle.
Les malheureux quatre pattes du groupe n°3 qui avaient “appris” qu’il était impossible d’arrêter les chocs, restaient eux passifs, gémissant et inertes.
Bien qu’ils auraient pu facilement échapper aux chocs (comme l’on fait les chiens des groupes n°1 et n°2) les n°3 n’ont même pas essayé.

Est-ce que cette situation allait perdurer et est-ce que les chiens seraient à jamais condamnés à la passivité et l’immobilisme?

Avant de répondre extrapolons donc les choses dans le monde des ‘deux pattes’.

Vivre un traumatisme et l’impuissance apprise chez l’humain

Il est question de traumatisme quand un enfant est confronté à une situation :

  • où il ne reçoit pas l’aide et la protection dont il a besoin,
  • où des figures parentales nourricières qui guident, accueillent, et soutiennent émotionnellement sont absentes,
  • quand il n’y a pas de figures d’attachement sécures,
  • où la fuite ou l’attaque est impossible.

Chez l’adulte, l’effet ‘choc électrique‘ avec ce que cela implique au niveau de perte d’énergie, d’élan vital et d’impuissance acquise se manifestera sous forme de dépression, de passivité, de pauvre estime de soi, de ne pas croire en ses capacités de s’en sortir, de dés-espoir, de manque d’ambition.

Cela se manifestera sur plusieurs plans :

Socialement

De l’inhibition quant à l’expression et l’affirmation de soi : une tendance à être timide, réservé.e, en retrait et penser que son avis ne compte pas de toute façon. Permettre des formes de harcèlement ou d’abus émotionnel, psychologique et même physique, ne pas même en distinguer les signes précurseurs et ne rien faire pour l’empêcher de se produire. Penser ne pas être apte et réagir créativement.

Au niveau santé

Ne pas se prendre en charge niveau soins du corps, alimentation, sport, suivi médical, conditions de vie pensant que de toute façon la situation ne peut pas évoluer. Se laisser aller.

Professionnellement

Epuisement, burnout : surcharge de travail associée au sentiment de ne pas pouvoir impacter vraiment, ne pas pouvoir s’arrêter, perfectionnisme exacerbė.
Bore-out, manque d’ambition et se contenter d’un boulot alimentaire.
Peur d’être mis de côtė ou renvoyė et donc ne pas exprimer ouvertement ce qui ne va pas et ce qui pourrait aller mieux.
Ne pas être rėsilient en cas d’échec par exemple quand une candidature ou mission a ėtė refusėe, baisser les bras. Ne plus avoir de vraie ambition.
Arrêter ses ėtudes complètement si on n’a pas réussi certaines ėpreuves.

Familialement

Quand des parents se sentent incapables de calmer, d’arrêter les pleurs de l’enfant, de le faire manger et dormir ‘normalement’, ils abandonnent toute action le concernant et deviennent nėgligents et fatalistes.
Si une personne a essuyé des échecs amoureux répétés cela peut la pousser à vivre recluse et ne pas oser fonder une famille. Ce qui corroborrera sa croyance qu’elle ne mérite pas d’être aimée..

LE MOMENT OU TOUT PEUT BASCULER : POST TRAUMATIC STRESS OU POST TRAUMATIC GROWTH

Peut-on se défaire de l’impuissance apprise et laisser derrière soi des expériences traumatiques?
Oui! Heureusement.
Un humain rencontrera au hasard de la vie des personnes, des mentors, des ami.e.s, des professeurs qui l’inspireront et ouvriront ses perspectives. De même que faire appel à un coach aide à se créer un nouveau narratif, à recadrer des événements de vie difficiles et à envisager l’avenir en se connectant à ses ressources.

Revenons à nos chiens et la troisième partie de l’expėrience :
Oui, ils ont réussi à sortir de l’impuissance acquise, leurs filtres limitatifs ont sautė et un champ des possibles s’est ré-ouvert redonnant accès aux ressources intérieures.

Comment?

Les expérimentateurs ont eux-mêmes porté les chiens frappés d’inertie par-dessus la petite clôture en répétant plusieurs fois l’opération.

Lorsque l’expérience a été renouvelée, les chiens ont pu alors sauter d’eux-mêmes au-dessus de l’obstacle.

Trauma ou Dharma
Les expériences de vie difficiles peuvent, comme nous l’avons vu, avoir des conséquences négatives aux niveaux physique, mental, comportemental et émotionnel, limitant le fonctionnement sain de la personne. Si les réactions de stress aigues persistent, un état de dysfonctionnement se développe et dans certains cas cela peut conduire à un traumatisme psychologique, également appelé trouble de stress post-traumatique.

Les recherches sur les expériences traumatiques et leurs conséquences se sont surtout concentrées sur les conséquences négatives et en particulier sur l’état de stress post-traumatique. Depuis une vingtaine d’années, les sciences sociales, sous l’influence de la psychologie positive, entre autres, s’intéressent de plus en plus aux conséquences positives, également appelées phénomène de croissance post-traumatique (post traumatic growth), qui surviennent à la suite d’un événement qui a été perçu comme traumatique. Bien que le terme soit moins connu, l’idée que d’une grande souffrance peut renaître quelque chose de porteur est ancienne.

La croissance post-traumatique est l’expérience d’un changement positif qui se produit à la suite de la lutte contre des crises, des moments difficiles.

Elle se manifeste de diverses manières dans plusieurs domaines:

  • une appréciation accrue de la vie en général
  • des relations interpersonnelles plus significatives, des relations plus chaleureuses et plus intimes avec les autres
  • une plus grande confiance en son pouvoir personnel, des priorités re-hiérarchisées
  • une existence spirituelle plus riche
  • la reconnaissance et l’acceptation de nouvelles possibilités ou de voies dans la vie de la personne

Le kintsugi est un art japonais vieux de plusieurs siècles réparant la porcelaine craquelée. Plutôt que de masquer les fissures, la technique consiste à rejoindre les pièces cassées avec de la laque mélangée à de la poudre d’or, d’argent ou de platine. Une fois ‘recolée’, la poterie est plus belle que jamais, même si elle conserve les cicatrices de son histoire.

 

 


LA VIE EST UNE DANSE : osons les nouvelles chorégraphies

A l’issue du coaching de groupe, malgré le fait que l’activité n’ait duré que 3 heures, chaque participant.e est reparti.e avec des pistes pour ‘faire autrement et pour cessez de se plaindre et continuer à faire plus de faire la même chose.

C’est ainsi que :

  • la petite nouvelle a eu l’audace de faire son rapport d’étonnement sur les choses en cours dans l’organisation,
  • qu’elle a été entendue et chargée de diriger un groupe de travail pour simplifier -certaines- procédures,
  • qu’il a été décidé d’organiser tous les 15 jours un moment de rencontre entre tous les membres du team pour se tenir au courant des dernières nouvelles mais surtout pour échanger, rire et partager,
  • que chacun.e a pris des décisions pour s’aménager des moments de ‘self care’ pour recharger les batteries.

EXERCICE :
Quels sont les moments de bascule dans votre vie, les moments difficiles qui vous ont toutefois fait grandir ?
Quelles sont les personnes qui vous ont montré des voies nouvelles pour ouvrir votre champ des possibles ?


Ci-dessous, vous trouverez l’aperçu de nos programmes : ateliers, trajets courts, formations longues, masterclasses et invitations au voyage.

> Soirée Info & Speed Coaching en ligne le 15 mars 2021 au BAO.

> Supervision

> Masterclass burnout

> Ateliers et Stages BAO-Elan Vital 

> Formations longues (Explorer – Discoverer – Expert – Voyager – Consteller)

Daniëlle De Wilde

BAO-Elan Vital

 

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